REGROUPEMENT DES TRAVAILLEURS
AUTONOMES MÉTALLOS

À la suite d’une assemblée historique ayant réuni plus de 600 chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines de partout au Québec, le Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos) entend signifier dès lundi à Uber Technologies une demande d'injonction permanente. Cette démarche vise à faire déclarer Uber illégale, à faire cesser ses activités et celles de ses chauffeurs ainsi qu'à rendre inactive son application mobile sur l'ensemble du territoire du Québec.

«Ce n'est pas normal qu'aujourd'hui, il appartienne à un regroupement de travailleurs autonomes et à un syndicat de faire respecter les lois à la place du gouvernement», déclare Alain Croteau, directeur québécois du Syndicat des Métallos dont fait partie le RTAM. «On appelle la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, à se porter garante des lois du Québec». Dès lundi matin, cette requête sera signifiée aux bureaux d'Uber Technologies à Montréal, Toronto, San Francisco et Amsterdam.

UNE LÉGISLATION UNIQUE

«La loi définit ce qui est du covoiturage, une activité sans aucune forme de rémunération autre que le partage des dépenses», affirme Me Marc-Antoine Cloutier, de Deveau avocats. «Or, les courses réalisées via Uber, qui opère comme ses chauffeurs sans permis, visent justement à obtenir un gain pécuniaire. Puisque cela fait encourir des pertes aux chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines, il y a urgence d'agir.»

DES ACTIONS À PRÉVOIR

Les participants ont également convenu d'un plan d'action. La population est invitée à signer une pétition sur le site de l'Assemblée nationale. Ils annoncent aussi une journée «Chasse à Uber», le 10 février, suivie le lendemain d'une journée de rabais sur les courses. Enfin, ils envisagent un boycott des entreprises ayant signé des ententes de partenariat avec Uber Technologies.

«Nous saluons la mobilisation, la volonté et la solidarité historiques dont font preuve aujourd'hui les chauffeurs et propriétaires de taxis et limousines de l'ensemble du Québec»,

souligne Benoit Jugand, porte-parole du RTAM-Métallos. «Cette lutte, nous la faisons bien sûr pour protéger notre gagne-pain et nos familles, mais nous la menons aussi pour protéger la population du Québec.»

À La une

LES PLUS RÉCENTES PUBLICATIONS