REGROUPEMENT DES TRAVAILLEURS
AUTONOMES MÉTALLOS

L’arrêté ministériel sur le projet-pilote d’Uber publié vendredi dans la Gazette officielle du Québec est profondément injuste et inéquitable.

« Le gouvernement avait promis sur toutes les tribunes l’équité envers l’industrie du taxi », assurent les deux porte-paroles du Front commun du taxi, messieurs Guy Chevrette et Benoît Jugand. Au-delà du fait qu’un régime à deux vitesses est introduit et qu’aucune compensation n’est offerte aux propriétaires de taxis et limousines, le Front commun en arrive aux conclusions suivantes :

DES SANCTIONS DÉRISOIRES

Les sanctions contre Uber vont redevenir ridicules. Selon l’arrêté ministériel, les sanctions les plus fortes que les contrôleurs routiers pourront imposer à Uber sont des amendes de 1 000 à 3 000 $. La suspension du permis de conduire du chauffeur ne sera plus applicable.

« Le gouvernement fait preuve d’une très grande naïveté en retirant la seule sanction qui fait réellement mal à Uber, » précisent les deux porte-paroles du Front commun du taxi, messieurs Guy Chevrette et Benoît Jugand. « La multinationale se moque des lois depuis deux ans. Elle a commencé à prendre l’État québécois au sérieux quand on a menacé de suspendre les permis de conduire. Maintenant, on y renonce. Uber va reprendre ses pratiques d’illégalité. »

DEUX POLICES À MONTRÉAL

Le Bureau du taxi de Montréal (BTM) ne pourra plus sanctionner les chauffeurs d’Uber. Selon l’arrêté, seuls les contrôleurs routiers peuvent sanctionner Uber. Pourtant, le projet pilote porte presque totalement sur l’île de Montréal et Contrôle Routier Québec n’a aucune ressource pour vérifier Uber à Montréal.

« Tout compte fait, c’est encore un chèque en blanc à Uber, » estiment les deux porte-paroles. « Le gouvernement du Québec vient dire à la ville de Montréal et au maire Coderre que le transport rémunéré de personnes à Montréal, ça ne les concerne plus, du moins pour Uber. Encore une fois, il y a le traitement pour tous les citoyens et il y a le traitement exceptionnellement complaisant pour Uber. »

UBER ET SON PERMIS D’INTERMÉDIAIRE

Le permis d’intermédiaire est pour le moment un élément manquant dans le dossier d’Uber. Sans ce permis, Uber demeure illégal, même si l’arrêté a été déposé vendredi. Depuis des décennies, la Commission des transports du Québec (CTQ) délivre ces permis en fonction de la probité du demandeur et des besoins du marché. Selon les interprétations de l’arrêté, on peut penser que le ministre des Transports entend passer par-dessus la CTQ pour donner directement un permis d’intermédiaire à Uber, allant ainsi à l’encontre de toutes les règles en place.

« Si le ministre donne un permis à Uber, sans laisser la Commission faire son travail, ce sera la preuve que sous le gouvernement Couillard, le Québec devient pire qu’un paradis fiscal, ça devient un paradis légal, » jugent les porte-paroles. « Les lois ne s’appliquent plus ici aux grandes entreprises illégales. Si elles travaillent assez longtemps dans l’illégalité, le gouvernement Couillard va finir par leur donner tout ce qu’elles veulent, peu importe les lois. »

À La une

LES PLUS RÉCENTES PUBLICATIONS