REGROUPEMENT DES TRAVAILLEURS
AUTONOMES MÉTALLOS

Les procès opposant les travailleurs de l'industrie du taxi au gouvernement du Québec et à Uber se poursuivent aujourd'hui au Palais de justice de Montréal avec des audiences sur le fond en matinée.

«Il est inconcevable que 22 000 personnes se conformant aux lois et aux règlements du Québec se retrouvent forcées de recourir aux tribunaux pour obtenir justice», déclare Guy Chevrette, porte-parole du Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT).

Les 8000 propriétaires de taxi et de limousine et 14 000 chauffeurs peinent depuis plus de deux ans à conserver ce qu'ils ont légalement acquis. «Jamais je n'aurais cru vivre cela au Québec», lance Wilson Jean-Paul, porte-parole du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM-Métallos). «Le gouvernement du Québec a changé sa loi pour satisfaire une entreprise qui sème le trouble et l'illégalité de par le monde. Ce même gouvernement lutte contre les paradis fiscaux. Que faut-il en comprendre?»

Rappelons que les chauffeurs et propriétaires de taxi et de limousine se sont achetés un emploi. Les chauffeurs ont suivi plusieurs heures de cours et obtenu leur permis spécial après avoir réussi un examen. De leur côté, les propriétaires ont depuis longtemps investi d'importantes sommes dans leur permis, bâtissant du coup leur fonds de pension. Depuis l'arrivée d'Uber, la valeur de ces permis ne cesse de diminuer.

Guy Chevrette et Wilson Jean-Paul font valoir que la présente situation est odieuse, résultant d'un gouvernement qui alimente les amis du parti au détriment de modestes travailleurs. «Notre gouvernement n'a aucune sensibilité ni aucun respect pour la parole donnée», a soutenu Wilson Jean-Paul. «Le premier ministre avait affirmé que les taxieurs ne seraient pas pénalisés».

«Si un simple citoyen nullement millionnaire avait commis les mêmes gestes illégaux, le gouvernement l'aurait fait arrêter, il aurait fait saisir ses avoirs, geler ses comptes et barricader son entreprise», lance Guy Chevrette.

Les deux porte-parole précisent qu'ils réclament toujours une rencontre avec le ministre des Transports. C'est pour le RTAM-Métallos et le CPCDIT la seule façon d'en arriver à une entente ainsi qu'à une réforme juste et équitable permettant d'achever le processus de modernisation du taxi et d'assurer de manière durable la qualité des services et la sécurité des usagers. «Il est tout simplement impensable que ce gouvernement entende moderniser l'industrie du taxi en nivelant par le bas», concluent Wilson Jean-Paul et Guy Chevrette.

 

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